En instaurant une taxe de plus pour financer le revenu de solidarité active, le gouvernement risque de casser ce qui a été le principal moteur de la croissance française ces dernières années : l’immobilier.

Henry Buzy-Cazaux
Président de l'Ecole supérieure des professions immobilières
« Henry Buzy-Cazaux, 44 ans, diplômé de l’Essec et titulaire d’une agrégation de philosophie est président de l’Ecole supérieure des professions immobilières (ESPI). Après avoir enseigné comme instituteur, il a été chargé de mission au Groupe permanent de lutte contre l’illettrisme, puis conseiller de François Bayrou et de Pierre Méhaignerie. Il a occupé la fonction de conseiller du président de la Fédération nationale de l’immobilier (Fnaim) entre 1991 et 1997, avant d’être successivement directeur délégué du Crédit Immobilier de France, directeur général adjoint du groupe Foncia et, depuis 2006, vice-président du groupe Tagerim, administrateur de biens et promoteur national. De la mi-2008 à la mi-2009, il a rejoint la Fnaim en qualité de délégué général. Henry Buzy-Cazaux est, par ailleurs, président du groupe Logement du forum des villes. Il a été fondateur de l’Institut des territoires et de l’immobilier du groupe Essec. »
Il y a des économistes à Bercy, et même, régulièrement, notre administration statistique est distinguée entre tous les pays pour sa compétence et son efficacité.
A quoi servent-ils ? Il me semble qu’ils doivent fournir des aides à la décision publique. Je ne sais s’ils le font vraiment. S’ils le font, en tout cas sont-ils peu influents ! L’immobilier a constitué ces dernières années l’origine la plus puissante de croissance dans notre pays, le ressort le plus vigoureux, jusqu’à représenter 30% de la performance globale d’évolution du produit intérieur brut. Pourtant, c’est encore à ce secteur d’activité qu’on vient de porter préjudice ! La menace d’une nouvelle taxe de 1,1% qui grèverait les prélèvements sociaux, déjà à hauteur de 11%, pesant sur les revenus locatifs, est insupportable, même pour financer le revenu de solidarité active ou RSA.
Ce n’est pas le moment d’affecter le rendement locatif et d’écœurer les investisseurs qui se recrutent parmi les ménages français aux revenus modestes, contrairement à ce que Monsieur le Président de la république croit : n’a-t-il pas parlé de solliciter les riches au profit des pauvres ? On se trompe de cible et on tire une fois de plus, une fois de trop, sur l’immobilier.
La conséquence à craindre, dans un contexte où tous les indicateurs passent au rouge (mises en chantier, autorisation de construire, livraisons, reventes), est une asthénie de la croissance, c’est-à-dire un appauvrissement du pays, avec une menace majorée sur l’emploi. Je ne sache pas que les plus fragiles, allocataires du RSA par exemple, aient besoin de cela.
Au demeurant, Monsieur Hirsch est familier de la chose : il avait déjà mené naguère une attaque en règle contre les dispositifs fiscaux Robien et Borloo qu’il considérait comme des cadeaux faits aux nantis. On croyait Daumier mort et ses caricatures dépassées. On croyait surtout nos gouvernants éclairés plus qu’idéologues. Je ne demande pas aux décideurs d’aimer l’immobilier, mais seulement de savoir compter. Pas la vertu en somme, le calcul : les investisseurs ont appris à se contenter.

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Dernière opinion transmise par dominica,
le 28/07/2010 16:12:00
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De toute façon, vu l’enthousiasme de la majorité pour le financement du RSA, les amendements ne devraient pas tarder : le lobby des assureurs est déjà sur le front avec la rengaine "tous ces pauvres millions d’épargnants - qui sont aussi des électeurs - qui vont trinquer"…