La loi Fillon sur la réforme des retraites a permis 100 000 départs anticipés chaque année. Mais ce dispositif onéreux est appelé à disparaître de manière naturelle.

Marc Darnault
associé au cabinet Optimaretraite
« De formation scientifique et informatique, il a consacré le début de sa carrière à gérer et manager des équipes dans le secteur de la distribution. Avant de proposer aux entreprises différentes solutions d’optimisation de la rémunération des dirigeants et des salariés. Il a poussé la logique plus loin, en créant avec d’autres, Optimaretraite. Cette société fait du conseil retraite intelligent auprès du client, sans vendre de produits financiers, mais en réalisant un diagnostic de ses droits à la retraite et inventoriant les possibilités de les optimiser sur l’ensemble des régimes de retraite. www.optimaretraite.fr »
Le dispositif des départs anticipés, issu de la loi Fillon de 2003 portant la réforme des retraites, a rencontré un franc succès. Il s’agit sans doute même de la plus grande réussite de cette loi avec plus de 100 000 départs à la retraite dans ce cadre chaque année.
Mais ne soyons pas dupes : cette réussite n’arrange pas l’équilibre financier de nos régimes obligatoires dont la préoccupation du moment est davantage de diminuer le nombre de retraités et d’augmenter le nombre de cotisants (en 2007, ce dispositif a représenté un coût total de l’ordre de 2,15 milliards d’euros).
Des mesures visant à limiter le nombre des bénéficiaires ont d’ores et déjà été mises en œuvre avec notamment la limitation de la prise en compte des rachats de trimestres et la modification de l’impact du rachat des périodes d’apprentissage.
Mais alors pourquoi reconduire un dispositif qui coûte si cher ? Tout simplement parce que celui-ci est, de par son contenu, voué à disparaître de manière naturelle au fil des années. En effet, parmi les conditions requises pour partir à la retraite avant 60 ans se trouve une condition de durée d’assurance dont la règle est la suivante : il faut avoir validé la durée d'assurance nécessaire pour obtenir le taux plein, majorée de 8 trimestres. Soit, jusqu’au 1er décembre 2008, 160 + 8 = 168 trimestres.
A partir de 2009, la durée d'assurance nécessaire pour obtenir le taux plein sera basée sur l’année de naissance de la personne et passe progressivement de 160 à 164 trimestres. Ainsi, un salarié né en 1952 devra entre autres, pour partir à la retraite à 56 ans, avoir validé 164 + 8 = 172 trimestres. Cela représente 43 annuités, soit un début d’activité théorique à 13 ans !!!
Nous pouvons aisément supposer qu’un jour il nous faudra non plus 160 ou 164 trimestres pour partir à la retraite à taux plein mais 168 ou 172. Dans ce cas, faudra-t-il valider 176 ou 180 trimestres pour partir avant 60 ans, soit 44 ou 45 annuités ?
En réalité ce dispositif deviendra très rapidement inaccessible. Alors ceux qui peuvent encore en bénéficier doivent absolument se poser la question suivante : pourquoi attendre ?
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Dernière opinion transmise par loréane76,
le 28/07/2010 21:05:00
| La réorienter vers des placements moins liquides mais plus rentables. | 36 % |
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| La verser ailleurs car le plafond de mon livret A est atteint. | 22 % |
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| Peu m'importe, je n'ai actuellement pas d'épargne. | 5 % |
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| Continuer à la verser sur mon livret A. | 23 % |
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| La verser à nouveau sur mon livret A. | 14 % |
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Votre raisonnement est juste. Toutefois, peut-il en être autrement ? Peut-on donner des droits qui ne sont plus financés ? Si la retraite est un bien commun, et c'est bien ce qu'induit la "répartition", ce fil entre générations, les règles ne peuvent être immuables. Elles doivent être équitables. Ce n'est pas au système de retraite, donc aux cotisants de manière générale, de financer la retraite anticipée ou celle par pénibilité, mais aux entreprises qui font subir aux travailleurs des conditions difficiles.
Cet article me semble bien clair et donné une image précise sur qui va advenir; merci à son auteur.
pour ceux qui ont un travail penible:femmes de services dans les hopitaux(machines)maçons,ouvriers devant les presses(500°)et bien d'autres auraient droit de partir avant 60ans.