Sur les huit trimestres accordés à une mère de famille par enfant élevé, quatre peuvent désormais revenir au père. L’analyse montre que ce dernier aura davantage intérêt à en bénéficier pour majorer sa pension.

Marc Darnault
associé au cabinet Optimaretraite
« De formation scientifique et informatique, il a consacré le début de sa carrière à gérer et manager des équipes dans le secteur de la distribution. Avant de proposer aux entreprises différentes solutions d’optimisation de la rémunération des dirigeants et des salariés. Il a poussé la logique plus loin, en créant avec d’autres, Optimaretraite. Cette société fait du conseil retraite intelligent auprès du client, sans vendre de produits financiers, mais en réalisant un diagnostic de ses droits à la retraite et inventoriant les possibilités de les optimiser sur l’ensemble des régimes de retraite. www.optimaretraite.fr »
2010 marque un changement pour les droits à retraite des mères de famille. Face au caractère discriminatoire des règles précédentes (attribution automatique de huit trimestres par enfant élevé pour les seules mères de famille) et tenant compte des procès intentés avec succès par des pères de famille réclamant, eux aussi, ces mêmes droits, le gouvernement a en effet demandé au parlement de légiférer. Ainsi, la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2010 a définitivement adopté la réforme de la majoration de durée d’assurance pour les mères de familles.
Les nouvelles règles pour les enfants qui naîtront à partir du 1er janvier 2010 sont les suivantes : quatre trimestres seront automatiquement attribués à la mère de famille au titre de la naissance et quatre trimestres seront attribués au titre de l’éducation qui reviendront par défaut à la mère mais qui pourront également être répartis d’un commun accord entre le père et la mère.
Les marges de manœuvre se situent donc au niveau de ces quatre trimestres à « arbitrer ». Avec une question cruciale : à qui les donner ? Si l’on raisonne de manière individuelle, c’est-à-dire en imaginant que le couple puisse un jour se « défaire », chacun des parents à intérêt à récupérer ces trimestres qui amélioreront forcément leur niveau de pension personnelle. Cela peut ainsi constituer un bel objet de discussion lors d’un repas de famille autour de la naissance de l’enfant… Sachant de plus que l’attribution de ces quatre trimestres peut être ventilée entre l’un et l’autre des parents. Tout peut donc se discuter… En cas de désaccord, la majoration sera attribuée, voire ventilée, par la caisse d’assurance vieillesse.
Si l’on imagine, étant plus optimiste, que le couple continuera d’exister au moment de la retraite et si l’on raisonne donc de manière globale, c’est-à-dire en additionnant les deux pensions, celle de la mère et celle du père, certains éléments de réflexion sont à prendre en considération. Par exemple, compte tenu des formules de calcul des droits à la retraite sur le régime de base et sur les régimes complémentaires, quatre trimestres supplémentaires auront un taux d’efficacité beaucoup plus fort sur la meilleure des carrières (un fort salaire annuel moyen et un nombre de points significatif dans les régimes complémentaires). Autre point : quatre trimestres supplémentaires seront également plus profitables à celui des deux qui ne pourrait pas partir avec le taux plein et pour qui ces trimestres supplémentaires permettront d’effacer des coefficients de minoration quelquefois dissuasifs. Enfin, il faut souligner que quatre trimestres supplémentaires seront également plus profitables à celui des deux qui ne prendra pas de congé parental. En effet, les majorations de durée d’assurance n’étant pas cumulables et une année de congé parental équivalant à quatre trimestres, à quoi cela servirait de les « effacer » au profit des trimestres attribués pour l’enfant ?
Bref, ces quatre trimestres supplémentaires attribués au titre de l’éducation auront une efficacité plus forte sur la carrière la plus pleine qui, compte tenu de la réalité sociologique de notre pays, est aujourd’hui encore le plus souvent celle du père de famille. Finalement, cette majoration destinée aux femmes, puisque quatre trimestres leur sont automatiquement attribués au titre de la naissance et quatre autres leur sont attribués par défaut au titre de l’éducation (même s’ils peuvent être répartis d’un commun accord), profiterait davantage aux hommes, compte tenu des réalités sociales et économiques. A-t-on réellement résolu le problème discriminatoire ?
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Crise publicitaire oblige, le résultat annuel du groupe d’affichage et de mobilier urbain a plongé de 77%. D’où la suppression annoncée du dividende au titre de 2009… et en 2010. Une décision à l’encontre de la tendance générale sur notre Top 100. Réagissez
Dernière opinion transmise par mfavreau,
le 10/03/2010 20:08:00
| bien mieux payées que les hommes. | 3 % |
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| mieux payées que les hommes. | 4 % |
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| autant payées que les hommes. | 34 % |
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| beaucoup moins bien payées que les hommes. | 16 % |
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« (...)Le fait d’avoir un enfant dans les 7 premières années de vie active pèse essentiellement sur la situation professionnelle des jeunes femmes, note ainsi l’Observatoire des inégalités. Alors que les hommes en couple restent dans tous les cas pour plus de 90% à temps plein, les femmes ne sont plus que 68% à travailler à temps complet avec un enfant et seulement 39% avec plusieurs enfants. Parmi les femmes qui ne travaillent pas à temps complet, une partie est au chômage et une autre occupe un temps partiel.» Rappelons que les femmes, en France, occupent 80% des emplois à temps partiels, le plus souvent faute de mieux. Et même si elles travaillent à temps plein, c’est avec un salaire moindre qu’aucune différence de qualification ou d’ancienneté ne justifie. […]La charge mentale et matérielle de la famille continue de peser essentiellement sur les mères. […] Entre 1986 et 1999, la part des tâches domestiques effectuées par les hommes n’a connu qu’une très légère augmentation : les femmes en assument toujours les deux tiers — et même 80% pour le «noyau dur» des tâches ménagères. […] Après la séparation du couple, ce sont le plus souvent elles qui, on l’a vu, doivent faire face à l’entretien de la famille, alors que par ailleurs la maternité les a placées en position de faiblesse sur le marché du travail. En 1998, selon l’INSEE, un tiers seulement des pensions alimentaires étaient régulièrement et entièrement versées. On ne s’étonnera pas de découvrir que la précarité et la pauvreté laborieuse ont un visage massivement féminin.«Le cumul des handicaps féminins, fait remarquer Michèle Ferrand, paraît frappé d’une sorte d’invisibilité sociale.» Il est toutefois un peu gênant que cet aveuglement devant les inégalités touche aussi l’institution officiellement chargée d’y remédier. » Un aveuglement… idéologique ? Article de Mona Chollet pour Le Monde Diplomatique www.soslesmamans.com